Fédération des Associations de personnes handicapées par des épilepsies sévères

Témoignage

Pierre
région parisienne

Quoi qu’il en coûte avant l’heure !

Connaissez-vous le don de congés payés ?
Je suis le papa d’une petite fille atteinte du syndrome de Dravet. L’un des premiers chocs a été les séjours à l’hôpital, surtout en voyant des enfants seuls dans leur chambre. Avec ma compagne, nous avons décidé d’une chose : notre enfant ne vivrait jamais cela. Peu importe les sacrifices nécessaires.
Mon employeur a joué un rôle clé dès l’annonce du diagnostic. J’étais encore en période d’essai quand la maladie de ma fille a été confirmée. Tout aurait pu s’effondrer, y compris mon travail. Pourtant, l’entreprise a choisi de me faire confiance. Non seulement j’ai conservé mon poste, mais surtout, je n’ai jamais eu l’impression d’affronter cette épreuve seul.

Un système de don de jours de congés

Dès le début, j’ai pu rester aux côtés de ma fille pendant ses hospitalisations grâce à des autorisations spéciales. Puis l’entreprise a franchi une étape supplémentaire : elle a créé un système de don de jours de congés payés.
Voici comment cela fonctionne : les salariés peuvent transférer leurs jours de congés payés non utilisés vers un fonds commun. Ce fonds est ensuite accessible aux aidants de l’entreprise. Pour y avoir droit, j’ai simplement présenté la reconnaissance de handicap délivrée par la MDPH.
Désormais, sur présentation d’un justificatif médical, je peux utiliser des jours de congés exceptionnels. Ces jours me permettent de rester auprès de ma fille sans puiser dans mes propres congés payés ou RTT. J’en dispose de cinq par an.
Le service des ressources humaines fait preuve de flexibilité. Il privilégie un retour en bonne condition plutôt qu’un retour strict à la date prévue. De plus, le fonds contient un certain nombre de jours à utiliser dans l’année. Si je ne les épuise pas tous, je peux en bénéficier de supplémentaires en fin d’année.

Ça change tout

L’entreprise encourage aussi les collaborateurs à donner leurs jours restants plutôt que de les perdre. Une relance est effectuée en fin d’année pour rappeler cette possibilité.
Ce dispositif, initié par une entreprise privée, change tout. Il me permet d’être présent pour ma fille, que ce soit à l’hôpital ou simplement à la maison. Grâce à cela, je peux lui offrir le soutien dont elle a besoin, sans avoir à choisir entre ma vie professionnelle et ma vie familiale.