Fédération des Associations de personnes handicapées par des épilepsies sévères

Optimiser votre traitement anti-épileptique

Avec la pratique et les remontées de nos différents contacts, nous avons collecté des points clés pour l’optimisation du traitement anti-épileptique. 

Observance avant tout

Oublier une prise de médicaments ou ne pas prendre les bons médicaments au moment prévu vous expose à la survenue d’une (ou plusieurs) manifestation épileptique.  

Le seul moyen de s’assurer une observance sans faille est l’utilisation d’un pilulier (si rustique ou moderne soit-il). En effet, le placement des médicaments à un endroit stratégique de vos journées, l’utilisation de rappels électroniques restent faillibles à cause des périodes de confusion ou de perte de contact avec la réalité. 

Comment cela marche ?

On remplit le pilulier à un moment habituel de la semaine. Choisir de préférence à un moment où on ne sera pas dérangé. Cette tâche peut être assurée par un aidant ou une infirmière prescrite pour cela. Les cases du pilulier sont marquées avec le jour de la semaine et « matin », « midi », « soir » et éventuellement « nuit ». Il n’y a plus qu’à prendre les médicaments dans la case au moment correspondant dans la journée.
Le pilulier consommé progressivement vous permet de savoir (à n’importe quel moment de la journée) si vous avez bien pris le traitement nécessaire. La case correspondante vide montre bien qu’il n’y a plus de médicaments à prendre.

Sur l’illustration au dessus, les prises de médicaments sont à jour pour samedi après-midi. 

Quelques pièges médicamenteux à éviter :

Le pamplemousse : 

Le jus de pamplemousse (et le fruit lui-même bien évidemment) trouble l’absorbtion de certains médicaments anti-épileptiques. Donc à proscrire totalement !

Alterner médicaments générique et de princeps :

Prenez toujours la même marque de médicaments : une fois pour toutes princeps ou générique. En effet, le générique offre la même quantité de principe actif que le princeps (à 10% près). Mais la galénique (ce qui enrobe ce principe actif) peut changer. En conséquence, l’efficacité du traitement peut évoluer. Surtout avec les polythérapies et les médicaments à marge thérapeutique étroite. L’efficacité d’un générique peut s’avérer très différente de celle du princeps. On utilise le princeps ou un générique précis mais on évite toutes alternances. Discutez-en avec votre neurologue. Il peut porter sur l’ordonnance la mention nécessaire pour que vous gardiez toujours le même médicament. MTE ou NS (pour Marge Thérapeutique Etroite et Non Substituable).

Les huiles essentielles : 

la très forte concentration de principe actif dans les huiles essentielles les rend beaucoup trop actives pour une personne sous traitement anti-épileptique. A proscrire totalement !

Une prescription non concertée :

Si on prend l’exemple d’une contraception féminine médicamenteuse, les molécules introduites peuvent perturber l’équilibre du traitement anti-épileptique. Et réciproquement le traitement anti-épileptique peut perturber le contraceptif. Moralité : avec une prescription mal concertée, on se retrouve avec plus de manifestations épileptiques et une contraception inefficace. 

En d’autres termes, toute prescription (pour n’importe quelle raison que ce soit) doit être validée par votre neurologue. 

Pour finir quelques conseils . . .

Avant toute prescription, prenez la peine d’exposer vos traitements en cours au prescripteur. 

Quelque soit le médicament qu’on vous prescrit vous devez lire toute sa documentation avant de l’utiliser. 

Ayez toujours un peu de traitement d’avance disponible pour pouvoir faire face à une rupture de vos médicaments anti-épileptiques chez votre pharmacien habituel.